Le premier facteur de ma réussite est lié aux contenants que j’utilise pour semer mes graines. Permettez-moi de vous expliquer la démarche suivie pour réaliser ces contenants. À l’automne 2006, lorsqu’est venu le temps de déterminer quel type de contenants j’allais utiliser pour semer mes graines, j’ai dû tenir compte de l’espace dont je disposais et du nombre de plantules que je voulais produire annuellement. Comme je ne disposais que d’une surface de cinq pieds par quatre pieds et que je voulais être en mesure de produire jusqu’à quatre cents plantules par année, je ne disposais que de peu de possibilités au niveau des contenants. J’ai d’abord éliminé tout ce qui demandait du repiquage, car j’étais convaincu que tout stress inutile causé au système racinaire ne ferait que retarder la floraison. Donc, pas de gros pots contenant plusieurs graines qu’il faudrait repiquer et ainsi risquer d’abimer les racines lors de la plantation. Les multicellules que l’on retrouve sur le marché ne répondaient pas non plus à mes critères, car elles ne permettaient pas de faire croître des plantules pendant quatre à cinq mois dans le même contenant. J’ai enfin fixé mon choix sur les multicellules utilisées pour produire des conifères, de petites cellules de un pouce et quart à un pouce et demi de diamètre par environ cinq pouces de profondeur. Un choix qui répondait à mes critères quant à l’espace dont je disposais et qui me permettrait de conserver les plantules pendant quelques mois sans avoir à perturber leur système racinaire. Mon choix s’est vite avéré impossible, les fournisseurs de ces multicellules ne vendant qu’en très grande quantité, cela devenait trop onéreux. Devant cette impasse, je n’avais d’autre choix que de créer moi-même le système de mes rêves. Sur la surface dont je disposais, il m’était possible de placer dix bacs standard utilisés pour les multicellules; il fallait donc que chaque bac contienne quarante cellules pour obtenir le chiffre magique de quatre cents. Ma première solution a consisté à fabriquer un moule que je pourrais utiliser pour mouler sous vide avec du polystyrène. La fabrication du moule s’est rapidement avérée beaucoup trop complexe compte tenu du temps dont je disposais. Heureusement pour moi, car cette solution aurait donné les mêmes résultats que donnent tous les pots coniques (ils le sont tous, démoulage oblige), un système racinaire complètement enchevêtré, des racines qui heurtent le pourtour du pot et qui tournent en rond cherchant la sortie. Des racines qui tournent en rond gaspillent de l’énergie ce qui ne sert en rien au développement du plant. J’ai fait le choix d’utiliser des tubes; après quelques recherches, j’ai opté pour le tuyau utilisé dans les systèmes d’aspirateur central pour les raisons suivantes : bon diamètre, épaisseur minimale et coût raisonnable. Il ne me restait qu’à trouver une solution simple pour retenir la terre puisque mes tubes n’avaient pas de fond. Pour continuer dans la simplicité, une simple bande de moustiquaire fixée à l’aide de deux rubans-cache retenait le moustiquaire le temps que les racines s’en chargent (voir photos 3, 4 et 5). Dans ces multicellules, je ne fais de l’arrosage par le haut qu’au début de la germination et pour m’assurer que la partie supérieure du sol reste humide, sinon l’arrosage et les engrais se font directement dans les bacs qui contiennent les tubes donc par le bas. Les racines descendent directement au fond du tube, en ligne droite sans tourner en rond et dès qu’elles atteignent le bac, elles cessent de pousser ayant atteint la zone idéale pour alimenter le plant. En plus des racines ligneuses, des racines tubéreuses apparaissent même à ce stade de développement. Vous avez là le premier principe pour atteindre l’objectif visé, produire des hybrides en un an au Québec.